La notion de Ma-Ai

Posted by on sept 19, 2011 in Etude

La notion de Ma-Ai
La notion de Ma-Ai
La traduction classique du terme japonais Ai est l’harmonie.
La politesse légendaire des japonnais est une des représentations de cet autre élément de la culture japonaise. Il est très important pour les japonnais de lire, comprendre ou ressentir l’état d’esprit de leurs interlocuteurs. Une discussion, une échange, la réalisation d’un projet, etc.  dépend toujours de l’humeur générale ( pas simplement des personnes ).  Ils considéreraient comme extrêmement égoïste et destructeur d’agir, parler ou se comporter de façon abrupte à l’inverse du flow général.
( Une telle attitude est souvent le début d’un conflit réel. ) L’harmonie, est aussi un élément fondamental des arts japonais. La vision d’un jardin, convaincra n’importe quel lecteur.  Il n’y a aucun passage abrupt d’un élément à un autre, aussi différent soit-il.
Rentrer dans un maison japonaise est un parcours, qui implique une progression douce d’un univers à un autre.
Ceci représente, exactement la notion de Ma-Ai. Le passage d’un élément à un autre, d’un lieu à un autre, d’un état à un autre, de façon naturelle et harmonieuse.
Dans l’aïkido, par exemple l’étude du Ma-Ai passe autant par la distance entre les partenaires que par la qualité des enchaînements type contact, déséquilibre, immobilisation ou projection.
Une bonne distance est, ce ma unique entre deux partenaires où ils peuvent interagir aussi bien pour se protéger qu’attaquer. Un bon Ma-Ai, dans la réalisation de l’enchaînement ou d’une action, est un élément fondamental pour convaincre son opposant de l’inutilité de sa résistance.
Le kinbaku d’un nawashi se trouve aussi grandi par l’étude de cette notion.
Très basiquement, la qualité de son flow, sa vitesse, sa capacité à garder la cohérence sur l’ensemble du mouvement sont directement liées à cette notion.
Développer des gestes harmonieux pour le passage des cordes ou la direction du modèle est un outil tout aussi utile pour représenter le kinbaku que pour le faire ressentir.
Tout comme le contrôle de la vitesse du nawashi dépend de sa capacité à suivre naturellement les formes de sa réalisation.
L’harmonie aussi bien entre les cordes et le corps du modèle, entre les différents partie du kinbaku, entre les différents états mouvement est un élément fondamental du bondage japonnais.
Derrière la notion de Ma-ai, il y a la notion bouddhique de transformation continue ou de “l’impermanence”. C’est pourquoi le kinbaku. Suivant la qualité du Ma-ai du nawashi et la capacité de réception du modèle, peut être perçu comme le Zen en mouvement ( En considérant la notion de vide asiatique, existe-t-il un autre Zen ou ZaZen que celui de mouvement ? ).
Pourtant, nous pouvons considérer que la plus grande représentation et maîtrise du Ma-Ai dans le kinbaku est « l’espace entre » le modèle et le nawashi. Avec une progression, qui part de sa représentation physique jusqu’à sa réalité spirituelle. Passant évidement par les états psychiques et émotionnels qui dépendent de la compréhension, de l’écoute et de l’échange de chacun des protagonistes.
Là encore, il s’agit d’état, c’est-à-dire d’espace discontinu, où les notions de temps, raisons, émotions… sont uniques. L’essence même.
Crédits photos ci-dessous :  la première photo a été prise par Paradoxale Studio lors d’une soirée Fetish in Paris, la deuxième photo a été prise à Tokyo Kinky Society Oasis,  la troisième pendant un show lors de la Tokyo Décadence.