La notion du Ma

Posted by on sept 19, 2011 in Etude

La notion du Ma
La notion du « Ma»
Le ma est une notion primordiale dans la culture japonaise, un principe constructeur des Arts, voies…
« Fondamentalement, le ma est l’intervalle qui existe obligatoirement entre deux choses qui se succèdent : d’où l’idée de pause. » (in Augustin Berque, 1982).
En occident, l’espace est représenté par trois dimensions. Le temps, séparé, ajoute l’évolution de l’espace par une quatrième dimension. Une vision très spécifique, technique, mesurable de la réalité.
Au japon, le temps et l’espace sont deux éléments indissociables formant un seul élément fondamental à deux dimensions. Le Ma est l’espace-temps entre. L’évolution d’une pièce traditionnelle japonaise en est un excellent exemple. Suivant les moments du jours, le mobilier change. Futons (Literie posée sur le sol), salle à manger, salle d’étude, salle de jeux, lieu pour entretenir des amis. Les éléments de la pièce vont changer ( La quasi totalité sont pliables pour un rangement pratique ), pour s’adapter. Le lieu devient donc une succession de plans, images. La notion de Ma, est l’espace entre ces plans.
Une pièce dans une maison, le silence dans une diction, l’intervalle entre deux choses, deux états…
C’est une vision très différente de l’Occident, car là où les dimensions sont jugées, mesurées, appréhendées de façon autonome. Les japonnais ont une vision globale de ses dimensions rythmées par les pauses ou les éléments de passage, transformation. L’espace s’exprime par la succession de plan, chaque plan ayant son échelle de temps. Cette discontinuité permet (implique) que chaque moment (Plan) est sa propre réalité, ses règles, son propos. Plus profondément, cette notion du Ma est un élément fondamental dans le comportement des japonnais. Ce qui semble être (Pour un Occidental) au mieux une dichotomie, au pire une schizophrénie générale, n’est qu’une adaptation à cette vision. La notion de ma est très présente dans le Kinbaku. Elle semble un élément fondamental dans sa grille de lecture.
Les préparatifs,  l’approche,  l’en-cordage, le résultat, le play, le désen-cordage, la préparation du retour du modèle. Chaque plan a un rythme, une histoire. Chaque succession de plan est aussi important que le plan lui-même. Aucun d’entre eux ne semble prendre plus d’importance , car ils sont des éléments distincts, discontinus. Les pauses, les vides ( Notion à préciser ) étant primordiales dans la notion de ma. Une Fine compréhension du ma implique/permet  une modularité, une capacité d’évolution, de mouvement d’un kinbaku. Le ma semble être un élément fondamental, ou l’élément fondamental du nawashi pour s’adapter à l’instant.
Un moment d’attache n’est pas linéaire, mais marqué par des évènements au déroulement du mouvement variation rythmique, jeu de corde, échange, attente… Cassant la monotonie, le kinbaku, dans sa réalisation, devient un cheminement ou voyage, où le modèle perd la notion de temps, d’espace. Le nawashi par son flow, sa vision d’ensemble connecte à sa présence dans l’instant, est le chef d’orchestre du ma.
La combinaison des différents plans, la sensibilité des participants représente le volume réel d’un kinbaku, sa profondeur.
Crédits photos ci-dessous, images de ma galerie personnelle, une maison japonaise dans le style traditionnel (Type Ryokan).